Cantau visite les jardins partagés de Pau

Le 4 mai, Cathy et Cédric de Libre Cueillette ont accompagné les deux classes de Seconde avec lesquelles ils ont travaillé durant l’année. Le programme, élaboré par eux, était dans la continuité des activités réalisées ensemble : visite des jardins partagés de Pau et, à Lescar, de la ferme alternative et des ateliers de recyclage du village Emmaüs.

Le matin, une classe de 35 élèves encadrée par ses professeurs a été déposée à Lescar avec Cédric, tandis que la deuxième poursuivait sur Pau avec Cathy. A midi, tout le monde s’est réuni sur l’espace de pique-nique d’Emmaüs et ensuite les groupes ont permuté.

Gauthier, employé par l’agglomération de Pau, guide la visite qui débute le matin au jardin Alizée. Il explique l’extraordinaire mutation du quartier populaire de l’Ousse des Bois, qui a demandé au moins quinze ans de gestation et nécessité une multitude de réunions avec les habitants. Des immeubles ont été démolis, un lac artificiel aménagé, beaucoup d’espaces verts parcourus par une voie piétonnière et cyclable magnifique. Difficile de croire que l’on est en pleine ville !

Nous visitons un jardin collectif nourricier où sont produits des légumes bio, sans pesticides. Le « potager du futur », dans un angle, est fréquenté par la crèche (plus les écoles et une maison de retraite) : une mare y a été creusée pour faire constater aux enfants qu’il n’y a pas de crevettes en eau douce, mais plutôt des têtards… C’est le centre social du hameau qui anime le lieu qui comprend aussi des parcelles privatives délimitées, mais non clôturées. L’eau est puisée dans la nappe phréatique. Selon la charte, une fois par mois tout le monde est convié à une action collective, la constructions d’un dôme géodésique à partir de bois récupéré sur des chantiers. 46 familles produisent ainsi une partie de leur alimentation. Il y a beaucoup de femmes seules, certaines se regroupent à 2 ou 3 sur une parcelle de 200 m².  Au début, les jardiniers en herbe cultivaient surtout des aromatiques. Une animatrice est venue les guider pour apprendre à cultiver des légumes. Le loyer s’élève à 15€/an, et les parcelles fournissent une production nourricière de mai à septembre. Au total, l’agglomération paloise compte 550 jardins familiaux, avec plus d’une centaine de demandes en liste d’attente.

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Nous longeons un jardin ouvrier comprenant 50 parcelles privées bien productives, puis un champ, peut-être l’un des derniers terrains agricoles de Pau, où l’on aperçoit des balises : serait-ce de l’expérimentation de semences OGM ? Gauthier explique que 90% des graines appartiennent à 5 sociétés semencières. Ce sont des hybrides dont les graines ne sont pas fertiles, il faut en racheter chaque année. Sur la pelouse d’une résidence, des habitants ont commencé à s’approprier l’espace, installant des composteurs et quelques mini-potagers. De la même façon, la friche Lauga a été cultivée par la MJC Berlioz pour éviter qu’elle ne soit urbanisée et divers projets (Tremblements) y ont été menés. 70 arbres fruitiers du conservatoire d’Aquitaine ont été plantés, grâce au financement d’un caviste qui, pour chaque tonneau vendu, donne un arbre pour le Tiers Monde. Chaque arbre appartient à celui qui l’a planté, mais les fruits sont pour tout le monde. Pau a mis à disposition un terrain sur lequel des habitants ont construit une grande serre où une dizaine d’associations effectue les semis. Si un urbain veut devenir agriculteur, il reçoit une aide pendant 2-3 ans et peut venir faire ses semis dans cette serre mutualisée gérée par des bénévoles.

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La voie verte bénéficie d’une gestion différenciée : pelouse rase près du chemin, puis la prairie, les buissons et les arbres. Des moutons entretiennent l’espace. Nous passons devant le jardin partagé « de Fred » pour des personnes en situation d’insertion. Grâce à une forte implication de la population, un grand projet immobilier a dû être revu à la baisse et remplacé par un habitat participatif du COL.

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Près du jardin pédagogique de la MJC Berlioz, le « labyrinthe du lapin » a beaucoup de succès ! Il a été réalisé par le lycée agricole de Montardon sur un plan conçu avec l’aide de l’architecte japonais Kinya Maruyama. Les élèves aiment aussi beaucoup la « cabane à thé » sur un lit de galets construite dans un ancien bosquet miraculeusement préservé. La visite se termine par le jardin partagé de l’université de Pau créé par l’association l’Arrosoir. C’est Nathy, l’un des fondateurs, qui en explique la genèse et présente les plantations ainsi que la Guitoune, cabane à outils de bois et de pisé réalisée par l’association.

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La visite d’Emmaüs est tout aussi passionnante. Un animateur de l’association ABDEA, avec, le matin, un maraîcher bio, explique aux élèves en quoi consiste l’agriculture paysanne. C’est une démarche qui diffère de l’agriculture conventionnelle, avec une gestion du sol et des bêtes plus responsable et une clientèle plus locale. Les élèves se détendent avec les oies qui cherchent à les pincer du bec à travers la palissade. Ensuite, c’est la visite des ateliers : la classe est scindée en deux groupes et chacun suit son guide. C’est impressionnant : ici, tout se recycle. Le plus gros volume est formé par les vêtements, mais sont récupérés aussi tous les objets de notre société de consommation, mobilier, électro-ménager, hifi, informatique, cycles et même automobiles ! Attention, les tablettes numériques sont affectées d’obsolescence programmée : dès la première panne, elles sont irréparables ! Le guide explique l’organisation interne d’Emmaüs, avec les compagnons, qui restent le temps qu’ils désirent et partent quand ils veulent, quelques salariés, des bénévoles. Les compagnons qui restent longtemps logent dans une des maisons de bois très originales construites par Emmaüs, d’autres sont dans des mobile homes et les nouveaux arrivés ont une chambre qui leur est attribuée.

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En conclusion, une journée très enrichissante à renouveler !

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