Paillage et purin

Fleur de capucine

L’été est fini, mais les chaleurs sont toujours là en ce début d’automne. Dans le Jardin des étoiles, les plantes continuent à fleurir et les fruits à mûrir. Chaque semaine apporte son lot de surprises. Des plantes « libres », comme les appelle Sonia, ont été semées par les oiseaux ou le vent, à moins que leurs graines, passagères clandestines, n’aient été amenées à l’intérieur de la terre qui entourait les plants achetés. Nous découvrons aussi de nouveaux insectes, jamais observés jusqu’ici, et tout un trafic qui s’instaure entre les fourmis installées dans une fourmilière enterrée invisible et leur cheptel de pucerons suceurs de sève. Lorsqu’elles ont envie d’une douceur, elles montent sur les tiges et viennent caresser de leurs antennes l’abdomen des pucerons qui, répondant à leur attente, émettent une petite goutte de miellat sucré sitôt léchée par leurs gardiennes. Nous n’avons rien contre eux, si ce n’est que nous préfèrerions qu’ils s’installent ailleurs que sur nos cultures ! C’est la raison pour laquelle Sonia est en train de touiller le purin, des feuilles de chou mises longuement à tremper dans de l’eau. Le jus est filtré dans un seau à travers un linge, puis mis en faible quantité dans un vaporisateur, il est mélangé à de l’eau. Les feuilles (et les pucerons, les chenilles, les œufs, les fourmis…) sont aspergées de ce liquide nauséabond, mais efficace, qui laisse un répit aux plantes attaquées au moins jusqu’à la semaine suivante.

Tomate « cerise » en forme de poire et de couleur jaune

La consoude a de multiples propriétés. Nous utilisons ses feuilles coupées en fins morceaux, ainsi que l’ortie qui s’est invitée toute seule, pour enrichir la terre. Dans le même but, nous avons convenu avec les jardiniers qui ont pour charge l’entretien des espaces verts des Terrasses d’emplir de tonte des grands sacs que nous avons mis à leur disposition à chacun de leur passage. Nous les déversons à côté des composteurs, puis répandons l’herbe encore fraîche en couche d’épaisseur moyenne (pour éviter une fermentation trop importante qui ferait monter sa température) pour protéger les espaces de terre dénudés.

Coccinelle noire à traits jaunes

Tout d’un coup, un petit coléoptère rond de la taille d’une coccinelle, aux élytres noires marquées de bandes ou points jaune pâle symétriques, atterri sur les feuilles de chou qui ont décidément bien du succès. En passant devant le pied de patate douce aux rameaux flexibles étroitement entremêlés avec ceux de la chayotte, nous découvrons un bouquet de trois jolies corolles d’un rose délicat. Elles ne s’ouvrent que si elles estiment suffisante la quantité de lumière. Les gros fruits verts à goût de courgette de la chayotte, lourds et bosselés, se mettent à germer avant même de se détacher. Ils mûrissent en même temps que la plante fleurit : les petites fleurs blanches sont les fleurs mâles, tandis que les femelles sont si minuscules que nous n’arrivons pas à les voir avant que le pistil, une fois fécondé, commence déjà à grossir.

 

 

Paillage et purin
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